Scolarisation des enfants touaregs dans le Nord du Mali - Ecole de Tin-Adjaroff
Origine du projet et contexte
Les Touaregs du nord du Mali vivent essentiellement de l’élevage et pour cette raison continuent à pratiquer le nomadisme. Confrontés à des difficultés multiples (sécheresse, sauterelles, épizooties...) et à un monde en pleine évolution, ils savent aujourd’hui que l’avenir de leur société réside pour une grande part dans sa capacité à s’adapter aux nouvelles réalités et que dans ce challenge, la scolarisation des enfants revêt une importance capitale.
Ce nouveau projet doit beaucoup au succès de l’école de Taboye déjà financée par Terya So et fait suite à notre visite au début de l’année 2005 au campement de la famille de Mossa Ag Attaher dans le Gourma, qui nous a fait rencontrer les chefs des fractions qui nomadisent autour des mares de Tin Essamed et de Tin Adjaroff. La création de l’école, fortement souhaitée par la communauté, s’inscrit dans un projet d’ensemble qui vise à terme la constitution d’une commune rurale dans cette région.
Notre partenaire promoteur
L’association « TILWAT - Nouveaux Espoirs », nouvellement créée pour porter le projet de l’école, associe les représentants des six fractions réunies autour du projet.
Elle s’appuie également sur les quelques familles sédentaires ou semi sédentaires de Tin Adjaroff et de Tin Essamed pour l’accompagnement des enfants nomades admis à l’école.
Jumelle de l’association « ENNOR - Lumière pour Tous » qui conduit le projet de Taboye, elle bénéficie de l’expérience acquise par celle-ci.

Actions soutenues et résultats obtenus
La première opération financée par Terya So en 2005 a consisté en la construction d’une salle de classe et de sanitaires et la restauration d’un puits pour alimenter l’école en eau potable.
La communauté locale a participé aux travaux et un jeune bénévole a été recruté pour faire la classe.
Des aides supplémentaires ont été attribuées pour prendre en charge les premiers frais de fonctionnement, et dans un deuxième temps pour assurer un repas aux enfants venant de campements éloignés.
Les résultats de cette première année scolaire sont des plus encourageants :
Avec un effectif de 28 écoliers, la nouvelle école a bien fonctionné sous la houlette du jeune enseignant bénévole, permettant à ces enfants d’accomplir des progrès remarquables en quelques mois, comme des membres de Terya Son en visite en février 2006 ont pu le constater.
Par ailleurs, l’école est perçue par la communauté comme une avancée positive, un lieu de rencontre pour les parents d’élèves, et le point de départ de nouvelles initiatives, telles que l’aménagement d’un champ de mil collectif qui permettra à terme de couvrir une partie des besoins alimentaires des enfants non logés chez leurs parents.
Pour couvrir les besoins les plus urgents de la rentrée 2006/2007 : remise en état du bâtiment après la saison des pluies, adjonction d’une deuxième salle de classe pour accueillir les nouveaux élèves, équipement en bancs et matériels scolaires, une nouvelle subvention vient d’être accordée par Terya So.
Perspectives et besoins actuels
Le statut d’école publique qui a pu être obtenu rapidement est de bon augure pour la pérennité de l’école. Le premier effet devrait être la mise à disposition pour l’année scolaire 2006/2007 d’un instituteur rémunéré par l’administration. Ce statut ouvre également la possibilité pour l’école de bénéficier à plus ou moins court terme du Programme alimentaire mondial (PAM).
Toute aide supplémentaire serait bienvenue pour améliorer le quotidien de ces écoliers nomades dont les conditions de vie restent précaires. L’aménagement d’une cantine serait particulièrement justifié.
La nouvelle école est considérée comme la première pierre d’un projet communautaire global censé répondre aux besoins essentiels de la population en termes d’éducation, de santé et de développement économique. Les éléments clés de ce projet ont fait l’objet d’une large concertation entre les responsables des six fractions qui composent la communauté et la volonté de faire de Tin Adjaroff un site de développement est aujourd’hui clairement affirmée.
Le projet ainsi élaboré se décline en cinq priorités :
1ère priorité : la scolarisation des enfants. L’aide apportée par Terya So a permis le démarrage du projet, mais pour maintenir les enfants à l’école lorsque les campements de leurs familles sont très éloignés, en particulier durant la période qui suit l’hivernage, il est nécessaire de leur offrir le service d’une cantine et, pendant une partie au moins de l’année, la possibilité d’un hébergement sur place. Il faudra également envisager la construction de salles supplémentaires (dont celle financée pour cette année) pour assurer les six classes du cycle primaire.
La santé est considérée comme la 2ème priorité. Pour permettre aux enfants de bénéficier des campagnes de vaccination, assurer les soins primaires de première nécessité, en particulier pour le paludisme qui sévit ici de façon endémique, et développer la prévention, la création d’un Centre de soins communautaire (CESCOM) est fortement souhaitée.
L’eau est pour ces éleveurs l’élément vital. Or, le seul puits atteignant la nappe phréatique dont dispose Tin Adjaroff est très insuffisant pour abreuver les animaux et apporter l’eau nécessaire aux familles. Le creusement d’un deuxième puits profond et de large diamètre est donc une nécessité fortement ressentie.
Après l’expérience du champ de mil communautaire, le fonctionnement en coopérative est devenue une idée force du projet. La 1ère réalisation projetée est la création d’une coopérative d’achat pour l’approvisionnement en céréales, qui avec les produits laitiers et un peu de viande constituent l’alimentation de base des familles.
Le besoin est enfin exprimé de relancer et de valoriser les activités artisanales des femmes et des forgerons comme source de revenus. D’où le projet de créer une maison de l’artisanat.
Terya So, qui souhaite soutenir ce projet communautaire, va s’efforcer de trouver les financements nécessaires pour sa réalisation par la recherche de subventions et de dons privés.

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